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Allier à Mayotte

Allier à Mayotte

Vie quotidienne d'expatriés à Mayotte pour la famille et les amis.

Publié le par M christine
Publié dans : #Actualités Mayotte.
Conflit social à Mayotte. La routine quoi !

Conflit Panima : Fermeture des établissements scolaires les après-midis faute de repas (Journal de Mayotte 28/11/2016 )

 

Pour vous aider à comprendre un petit rappel sur cette entreprise et l'origine du conflit.

Créée en 2006, Panima emploie 95 salariés. La société réalise un chiffre d’affaires annuel d’environ 12 M€, au travers de 4 activités principales.

- La restauration collective (hôpitaux et administrations) : 2 000 repas chauds par jour.

- La fourniture de collations froides (sandwiches et fruits) aux collèges et écoles : 40 000 prestations par jour.

- La boulangerie industrielle : 8 000 pains et 20 000 viennoiseries par jour.

- Le catering aérien (sandwiches et collations pour Ewa, filiale d’Air Austral).

Servair, 3ème acteur mondial de la restauration et des métiers de la logistique du transport aérien a pris une participation majoritaire dans la société Panima. 

Pour Servair, il s’agit d’un investissement stratégique, dans une entreprise moderne, équipée d’un outil industriel aux standards européens et sur un marché en pleine croissance, avec des perspectives positives. Avec la croissance démographique galopante de Mayotte, pas de prise de risque c'est certain.

Voila pour le décor.

 

Que veulent les salariés ?

Suite à l'échec des négociations annuelles obligatoires, les syndicats ont déposé un préavis de grève à partir du 23 novembre.

Ils demandent :

- la prime annuelle de mérite.

- la promotion interne face au besoin de renouvellement d'effectif.

- et une augmentation de salaire de 250 euros.

 

Suite à l'échec des négociations  les écoles, les collèges, les lycées, la prison de Majicavo et Air Austral sont privés de repas. Jusque là seul le service minimum aux malades était assuré.

Le site de l'usine est sous surveillance de la gendarmerie.

C'est samedi matin que les choses se compliquent .

Verd 6 h, 10 camions de la société Panima ont été brûlés. On ne connaît pas l'origine de l'incendie. Criminel ou accidentel ?

Peu de temps après l'échec des négociations hier vendredi, le préfet a pris un arrêté de réquisition en ordonnant à la gendarmerie d’intervenir pour libérer la sortie des camions afin de livrer le Centre Hospitalier et extraire le directeur Ivan Mercier. Au cours de cette opération, des grévistes auraient été bousculés par les gendarmes, dont deux femmes enceintes. La tension est encore montée d’un cran chez les grévistes. Suffisamment pour les inciter à provoquer un incendie ? (JDM 26 novembre )

Etrange, avec 93 grévistes sur place. Ont-ils compris la signification du mot "réquisition " ???

Conflit social à Mayotte. La routine quoi !

Et aujourd'hui mardi, ce conflit commence à avoir des répercussions sur le fonctionnement des écoles, des collèges et des lycées. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'à Mayotte il n'y a pas de cantine dans les établissements scolaires. Les élèves reçoivent  une petite collation pour leur permettre de tenir la journée sans rester le ventre vide.

Pour le repas de midi, les élèves doivent donc rentrer chez eux  (du moins ceux qui le peuvent ).

Comme il n'y a pas de moyen de transport, impossible de revenir en cours . Une partie des établissents commence donc à fermer l'après-midi. Selon le Vice-Rectorat 15 communes sur 17 sont touchées. Certains établissements  avaient fonctionné sur leurs réserves mais depuis lundi ce n'est plus possible.

 

Conflit social à Mayotte. La routine quoi !

Aujourd'hui reprise des négociations.

Les grévistes bloquent toujours l'entrée du siège de la société. Seuls circulent les camions de livraison de repas au CHM et à la prison de Majicavo.

Je vous parlais de routine en début d'article : j'en oubliais la grève à l'Education Nationale au niveau primaire, lancée par le SNUIPP. Une partie des écoles de l'île sont fermées pour la troisième semaine consécutive . Les syndicalistes ont cadenassé les serrures des écoles et empêchent les enfants d'y accéder.

Pas de réaction au niveau du Rectorat qui semble laisser pourrir la situation.

Les municipalités ne prennent aucune initiative pour faire ouvrir les écoles.

Quant aux instits mahorais !!!

 

Plus de 90 écoles sont actuellement fermées dans l'île

Plus de 90 écoles sont actuellement fermées dans l'île

Plusieurs dizaines de milliers d'enfants inscrits en maternelle ou en primaire sont actuellement privés d'école.

 

En effet, un peu plus de 90 écoles sont actuellement fermées par les instituteurs grévistes qui se mobilisent depuis le 8 novembre dernier. Après les manifestations, les happenings devant des institutions comme le vice-rectorat, les tentatives de barrages, les enseignants en colère menés par le SNUipp (Syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles et Pegc) ont décidé depuis la semaine dernière de cadenasser les portails d'entrée de dizaines d'écoles en l'absence de réponse favorable de l'État à leurs revendications. Leur mouvement porte toujours sur la reconstitution des carrières et l’attractivité du territoire dont ils exigent des améliorations ou changements tout de suite.

 

Depuis quelques jours, plus de 25 000 élèves mahorais (sur un total de plus de 55 000 écoliers selon le SNU ipp, 52 000 selon le vice-rectorat) ne peuvent pas aller à l'école. La faute aux blocages qui sévissent dans plus de la moitié des écoles primaires et maternelles de l'île sachant qu'elle en compte 180 sur son territoire. Le SNU ipp seul syndicat à avoir décidé de poursuivre le mouvement initié le 8 novembre dernier par une intersyndicale, a verrouillé les entrées de plusieurs établissements scolaires avec des cadenas et autres ustensiles. Victime collatérale du mouvement, l'ARS a dû annuler ses actions de prévention sur la prolifération des moustiques dans des écoles à Sohoa et Chiconi cette semaine. Idem pour les Naturalistes qui ont été contraints d'annuler son intervention auprès de scolaires à Mutsamudu hier dans le cadre de la semaine européenne de réduction des déchets. “C'est désespérant pour les enfants, mais le dialogue reste ouvert dans les circonscriptions”, s'est contenté de répondre le vice-rectorat pas très loquace comme à son habitude quand des blocages ou des grèves secouent l'Éducation nationale à Mayotte.

 

Triple peine pour les familles

 

Autres victimes du blocage, les familles aux revenus modestes ou, dont le niveau de vie est en dessous du seuil de pauvreté (plus de 80 % de la population concernée selon l'Insee). Pour elles, c'est donc la triple peine : elles souffrent de la misère, d'un système éducatif public encore plus en difficulté qu'en métropole (classes surchargées, rythmes scolaires inadaptés, rotations, insalubrité de certains établissements ou encore quasi-absence de réfectoires) et elles subissent les grèves à répétition dans l'enseignement. La fermeture des écoles est illimitée, a annoncé Rivomalala Rakotondravelo, secrétaire départemental du SNUipp. Le syndicat demande toujours la reconstitution des carrières suivant l’ancienneté des ex-fonctionnaires de la collectivité départementale, d’augmenter l’attractivité réelle du département avec une indexation égale à 53 % pour les fonctionnaires affectés à Mayotte et le passage des établissements scolaires de Mayotte du statut REP en REP+, “comme cela a été réalisé en Guyane”.

 

“Le vice rectorat ose encore soutenir que le mouvement est minoritaire. Mieux, au lieu de s’atteler à trouver des solutions avec les grévistes et leur syndicat, la Vice Rectrice est en train de perdre son temps à missionner ses Inspecteurs de l’Éducation nationale à ouvrir les écoles bloquées ou à intimider les grévistes. En tout cas, le gouvernement et les services de l’État à Mayotte feraient mieux de ne pas sous-estimer la solidarité et la détermination des enseignants du premier degré. D’autant plus que nombreux sont ceux qui estiment que les revendications que porte le SNUipp-FSU Mayotte sont légitimes à l’instar du président du Conseil départemental et du député Ibrahim Aboubacar qui nous ont porté leur soutien”, expliquait le SNU ipp dans un communiqué publié hier.

 

Une rencontre est prévue le 5 décembre au ministère de la Fonction publique pour faire le point sur les décrets “reprise d’ancienneté”. Mais pour le SNUipp, l'État essaie de gagner du temps. Pour le moment, aucune rencontre n'est prévue entre le vice-rectorat et les représentants du mouvement de grève. Le SNUipp-FSU Mayotte appelle à une nouvelle manifestation dans les rues de Mamoudzou le jeudi 24 novembre ; le rassemblement est fixé au vice rectorat à partir de 8h30. Les enfants vont donc devoir s'armer encore de patience avant de pouvoir retrouver le chemin de l'école.

Mayotte Hebdo 23/11/2016
 
 
La routine mahoraise m'aura au moins permis d'écrire un article !!!!
Bonne journée.
 
 

 

 

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