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Allier à Mayotte

Allier à Mayotte

Vie quotidienne d'expatriés à Mayotte pour la famille et les amis.

Publié le par M Christine
Publié dans : #Actualités Mayotte.
photo : Andry Rakotondravola
photo : Andry Rakotondravola

Débordements violents à Mayotte en marge de la grève générale

  • Par Emmanuel Tusevo
  • Publié le 12/11/2015
  • Des débordements violents, barrages sauvages, voitures brûlées, jets de pierres, journalistes molestés, ont eu lieu jeudi matin à Mayotte, en marge du renouvellement de la grève générale par l'intersyndicale CGT-CFDT-FO-FSU-Solidaires-FAE

Les syndicats, déçus par les réponses "insatisfaisantes" du gouvernement à leurs revendications, ont appelé jeudi à la poursuite et au durcissement du mouvement de grève, alors qu'ils revendiquent "l'égalité des droits" à Mayotte par rapport au reste du territoire français, notamment au niveau des salaires.

La journée devait débuter par des opérations escargot afin de paralyser la circulation, mais les syndicats ont perdu le contrôle du mouvement et ont été débordés par des bandes de jeunes individus qui bloquent les routes et usent de violence aux quatre coins de l'île, les forces de l'ordre semblant impuissantes face à cette situation très tendue.

Des barrages ont été dressés sur les routes au nord, au sud et au centre de Mayotte, à l'aide notamment de carcasses de voitures brûlées .

En fin de matinée, le convoi de l’intersyndicale, en pleine opération escargot, a lui-même été bloqué par des jeunes à Doujani.
Des incidents se sont produits entre les jeunes et certains automobilistes qui tentaient de forcer les barrages. Des automobiles, y compris celle de la police municipale, ont été caillassées.

Grève générale à Mayotte

Les journalistes ayant tenté de filmer ou de prendre des photos se sont vu jeter des pierres, a constaté l'AFP. Un journaliste de France Télévisions Mayotte 1ère en reportage a été pourchassé et molesté par des jeunes mécontents de le voir les filmer avec son téléphone qu’ils lui ont arraché. Un photographe du Journal de Mayotte a été agressé et légèrement blessé.

Les liaisons maritimes entre la Grande Terre et la Petite Terre sont bloquées par le mouvement de grève. Le préfet a recommandé ce matin à la population de limiter "au strict nécessaire" ses déplacements entre les deux îles.

Jeudi après–midi à 15 heures, le préfet Seymour Morsy devait rencontrer les organisations syndicales, selon des médias locaux.

L'intersyndicale a appelé à la reconduite du mouvement de grève estimant que "malgré les successions de rencontres" du gouvernement, dont une avec la ministre des Outremers, George Pau-Langevin, en visite sur l'île de lundi à mercredi, les réponses ont été "insatisfaisantes".

Grève générale à Mayotte

Grève générale : Responsables mais pas coupables des violences

Barrage à Tsararano ce jeudi matin à 5h

Social

Et la liste des responsables est longue. De la ministre des Outre-mer aux parents des jeunes, tous impliqués de prés ou de loin dans cette journée paralysante que vient de vivre Mayotte.

Pour certains, le traumatisme de 2011 est si fort, qu’il leur semblait que c’était hier encore qu’ils étaient privés du droit le plus élémentaire de se déplacer d’un point à un autre. Les deux mouvements ne sont pas comparables dans le comportement des manifestants, puisqu’en 2011, c’était eux qui « caillassaient » en direct, alors qu’il s’agit aujourd’hui des salariés, essentiellement de la fonction publique, dans un mouvement de revendication de leurs droits. Mais ils ont un point commun, l’impréparation, voulue ou non, qui débouche sur des débordements.

En zone gendarmerie, à Mangajou, des jeunes ont érigé un barrage avec des bancs, un gendarme a été légèrement blessé, et un autre à Ongoujou a pu être dénoué par le dialogue avec les militaires. En zone police, c’est à dire sur Mamoudzou et sa périphérie, ce fut plus agité : Les ronds-points de Mtsapéré, Passamainty et Doujani ont été des points de blocage parfois très violents. Le journaliste du JDM a été blessé, ainsi que d’autres confrères dans pratiquement chacune des rédactions.

Du côté des forces de l’ordre sur Mamoudzou, si un petit flottement s’est fait sentir dans la matinée, la reprise en main a débouché ensuite sur la libération des axes.

« Nous n’avons pas travaillé »

Des jeunes qui ne supportent pas la vue d’un appareil de photo et qui n’ont pas compris qu’une action sur la voie publique est susceptible d’être médiatisée. Encore une fois, les parents, et les adultes dans leur ensemble ne se sont pas illustrés par leur courage, en dehors des mamans qui ont pu dégager le rond-point de Passamainty. Pire, les représentants syndicaux étaient eux-mêmes les victimes, dont ils se disaient impuissants, de racket, d’agression voire de blocage d’opérations escargot… une sorte de course à l’échalote du plus performant.

Pendant ce temps, place Mariage, tous les rideaux étaient fermés, « nous n’avons pas travaillé », indiquait un commerçant. De quoi refroidir toujours plus les investisseurs.

« On doit pouvoir manifester »

« C’est pas de notre faute », se justifiait Rivo, leader SNUipp-FSU, lorsque nous l’interpellions sur le niveau de responsabilité de l’Intersyndicale. « On doit pouvoir manifester sans avoir ce genre de problème », disait-il, renvoyant la balle vers les forces de l’ordre. A Paris ou Bordeaux, oui, peut-être, mais à Mayotte, cela semble difficile. Chacun est coupable à son niveau.

Les parents qui ne cadrent pas leurs enfants, les adultes qui osent à peine lever la voix, les syndicats qui savent qu’une journée de blocage des routes signifie des jeunes non scolarisés, et donc mobilisables pour des barrages. L’Etat enfin, qui a laissé des retards s’accumuler en pensant que la rébellion n’était pas une constante de cette population à la fois docile et fougueuse, tout en appliquant impôts et amendes à 100% des taux.

Enfin, la déception d’accueillir une ministre spécialiste des Outre-mer, venue tout spécialement pour nous après Tromelin, qu’on annonçait mandatée pour formuler des avancées, mais qui aura emporté tout espoir, pour ceux qui en avaient.

Les grévistes pour remporter l’adhésion doivent avoir un discours clair et une organisation sans reproche comme ce fut le cas le 3 novembre. Ils ont donné rendez-vous ce vendredi à 7h sur la place de la République pour un mouvement contre les administrations.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

Aujourd'hui Mayotte est de nouveau paralysée par la grève.

Pas de bus scolaire donc très peu d'élèves, voir pas d'élèves dans les établissements scolaires et des files interminables aux stations d'essence.

Que vient faire un ministre d'outre-mer à Mayotte  si elle ne peut prendre aucune décision. Elle était attendue dans ce but.

 

Commenter cet article

m christine 20/11/2015 12:55

Oui, c'est inquiétant pour nos enfants. Pour les années à venir ...

dagniaux 18/11/2015 19:46

Décidément, rien ne va plus que ce soit en métropole avec les attentats qu'en TOM..... c'est inquiétant...